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Brigitte Durand P73 : trente ans de bénévolat, de la finance à la gouvernance

Portraits

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25/06/2026

Brigitte fait partie des premières femmes diplômées de Mines Paris, peu après l'ouverture de l'école aux femmes en 1969. Depuis, elle a traversé les métiers techniques de la finance — gestion obligataire, produits structurés, gestion des risques, assurance — avant de prendre une retraite active il y a presque neuf ans. Mais le bénévolat n'a jamais été seulement un projet de retraite : c'est un fil continu qui traverse toute sa vie professionnelle, depuis un club finance créé dans les années 1980 jusqu'à son mandat actuel d'administratrice de MPA. 

Un parcours technique au cœur de la finance

Après Mines Paris, Brigitte poursuit ses études avec une thèse de docteur ingénieur au centre d'automatique. Elle entre ensuite au Crédit Lyonnais, puis bascule vers la gestion d'actifs avec un diplôme d'actuaire. Elle traverse la gestion obligataire et la création de produits structurés au moment du grand boom des marchés financiers, avant de bifurquer vers la gestion des risques, puis l'assurance. Un parcours de métiers techniques, exigeants, qui forme à la rigueur autant qu'à l'analyse.

Cette rigueur, elle ne l'a jamais quittée au moment de s'engager dans le bénévolat. « Ce n'est pas parce qu'on est bénévole qu'on n'est pas professionnel », affirme-t-elle. Une conviction qui structure tout son rapport à l'engagement associatif.

Trente ans d'engagement, plusieurs vies bénévoles

L'histoire commence dans les années 1980, quand Brigitte cofonde avec un camarade de sa promotion un club finance. Mais sans réel appui logistique, elle est vite rattrapée par la vie professionnelle. Plus tard, Intermines crée un club finance, qu'elle rejoint pour contribuer à l'animation et à l'organisation des réunions.

Le tournant survient de façon presque fortuite : à l'époque où elle s’interroge sur ses activités une fois retraitée  , la déléguée générale d’Intermines cherche des bénévoles. Brigitte prend date, présente parallèlement sa candidature au conseil d'administration où elle est élue. Un an plus tard, on lui propose de devenir déléguée générale de MPA : un poste qu'elle occupe pendant quatre ans, dont deux ans en plein Covid, période qu'elle décrit comme particulièrement intense du fait du fonctionnement à distance.

Ayant mesuré de l'intérieur les défis de l'association, elle se représente et est réélue comme administratrice, un mandat qu'elle achève actuellement, dans sa dernière année. Aujourd'hui, elle se concentre moins sur l'accompagnement de carrière, estimant être trop éloignée des codes actuels de l'entreprise, que sur les sujets de gouvernance, de gestion de projet et de réflexion stratégique.

En parallèle, elle s'investit depuis huit ans dans Don en Confiance, organisme qui contrôle la bonne utilisation des dons et délivre un agrément aux associations/fondations faisant appel à la générosité du public, sur des critères de respect du donateur, transparence, recherche d’efficacité, probité et désintéressement, d'éthique et de responsabilité sociale et environnementale. Elle siège aujourd'hui à la commission qui délibère sur l'attribution et le renouvellement de l’agrément : un engagement directement aligné avec son expertise en gestion des risques et conformité.

 

Ce que son parcours révèle

Le professionnalisme n'a rien à voir avec le statut

Pour Brigitte, le bénévolat n'excuse rien. La rigueur, la méthode, l'esprit d'équipe doivent rester intacts, même si l'engagement reste modeste en taille. « Quitte à ce que l'engagement soit petit, on le fait bien », résume-t-elle. C'est une ligne qu'elle n'a jamais transigée, du club finance des années 1980 au conseil d'administration d'aujourd'hui.

L'utilité plutôt que l'impact

Brigitte refuse toute prétention sur l'impact de son action. « Difficile de mesurer un impact, et prétentieux de se prévaloir d'un quelconque résultat », dit-elle. Les missions qu'elle a initiées ont parfois été reprises par d'autres, avec des effets qui ne se voient pas toujours immédiatement : enrayer la baisse des cotisations, faire connaître  MPA aux profils de master et de doctorat, favoriser  des liens intergénérationnels, notamment pendant le Covid, quand l'association s'est mobilisée pour trouver des stages aux élèves de deuxième année privés de mobilité internationale.

S'adapter aux petites structures, sans filet

Travailler dans une petite association, c'est mettre la main à la pâte sans toujours savoir à qui s'adresser. Brigitte note un changement structurel : l'association fonctionne aujourd'hui avec des bénévoles et des prestataires plutôt qu'avec des salariés, ce qui, de son point de vue, nécessite « d’être vigilant pour permettre la fluidité du fait du renouvellement des équipes et ne pas perdre la mémoire institutionnelle ». Le rôle d'administrateur, en particulier, est engageant : on se prononce sur des décisions qui comptent, et qui mériteraient  parfois de disposer davantage à l’avance de tous les éléments.

Le bon point d'entrée : le conseil d'administration

À ceux qui hésitent à s'engager, Brigitte souligne la chance d’intervenir au sein d’un écosystème stimulant et recommande de candidater au conseil d'administration — sauf à avoir déjà une idée précise de ce qu'on veut faire. C'est, selon elle, la meilleure façon de comprendre les priorités de l'association, ses rouages, ses contraintes et ses marges de manœuvre, avant de choisir son terrain d'action.

La diversité des profils comme moteur d'innovation

Ce qui fait la richesse d'une association, pour Brigitte, c'est la variété des parcours qui s'y croisent : jeunes et moins jeunes, ingénieurs, masters, docteurs. Chacun apporte sa dose d'innovation, sur laquelle les autres peuvent rebondir. C'est cette diversité, conjuguée aux valeurs de solidarité et bienveillance, plus que tout discours sur l'engagement, qui fait vivre durablement une communauté d'alumni.

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