Enzo CROU (P24) : fin de l'aventure et retour de mission !
Après huit semaines de terrain, Enzo Crou (P24) a bouclé sa mission de volontariat au sein d'Impact Madagascar. Entre péripéties de fin de séjour et résultats scientifiques, retour sur les derniers chapitres d'une aventure malgache riche en enseignements ainsi que sur le rapport technique qu'il a rédigé pour l'ONG.
Mariarano, la vie en conditions rustiquesDirection un second village, Mariarano, où le quotidien s'est fait plus spartiate encore : sommeil à même le sable sur un tapis de sol fin, alimentation réduite à des brèdes et des oléagineux cuits au feu de bois. Le terrain n'a pas épargné Enzo non plus : irritations dues à des herbes urticantes, puis une piqûre de scorpion soignée par le docteur du village avec un remède traditionnel (de la simple salive appliquée sur la plaie !) sans complication par la suite.Sur le plan scientifique, ce passage à Mariarano confirme une tendance déjà observée : la présence de lémuriens y est plus faible qu'à Ankirihitra, une conséquence directe du passage du cyclone qui a frappé la région.
Un incendie de brousse, puis une urgence médicaleDébut août, la mission a basculé. Une chute à moto laisse d'abord une simple égratignure à Enzo. Deux jours plus tard, un incendie de brousse se déclare à proximité du village : casque et pelle de fortune en main, l'équipe se mobilise pour éteindre les foyers les plus menaçants, dans des conditions risquées et sans équipement de sécurité adapté.C'est cette nuit-là que la petite blessure de moto se rappelle à lui. Le lendemain matin, la fièvre grimpe à 40°C, accompagnée de vomissements et d'une impossibilité de s'alimenter. Le docteur du village administre de l'amoxicilline après avoir écarté le paludisme. Mais l'état d'Enzo ne s'améliore pas les jours suivants, et l'organisation décide de le rapatrier en urgence vers Tananarive. Le trajet est long et s’acheve seulement le dimanche.À l'hôpital de la capitale, le diagnostic est clair : la prise en charge est arrivée juste à temps pour éviter des complications plus sérieuses. Depuis, Enzo se rétablit à Tananarive, où il patiente avant son vol retour tout en achevant la rédaction de son rapport technique de mission.
Ce que révèle l'étude :la forêt d'Ankirihitra sous la marque du cyclone
Le rapport technique livre le bilan scientifique de ces huit semaines de collecte de données, menées sur les sites d'Ankirihitra et d'Iaroka, dans la région du Boeny.
Des lémuriens bien présents, mais concentrés.379 individus ont été recensés à travers 91 observations de groupes, répartis en trois espèces et un hybride : le Sifaka couronné (Propithecus coronatus, 265 individus), le Cidro (Eulemur fulvus, 75 individus) et le Dredrika (Eulemur mongoz, 38 individus). Fait marquant : 78 % des Sifaka observés se concentrent dans la seule zone de conservation d'Ankirihitra, signe d'un habitat particulièrement favorable à préserver en priorité.
Un cyclone, principale menace de la forêt.Le relevé systématique mené sur environ 900 points le long d'un transect a mis au jour près de 5 500 chablis (des arbres tombés) très majoritairement attribués à un épisode cyclonique récent. Ce chiffre dépasse de très loin les autres pressions recensées (17 foyers d'incendie sur environ 21 hectares, quelques traces isolées de chasse, de piégeage et de défriche), confirmant que le climat, bien plus que l'activité humaine directe, façonne aujourd'hui l'état de cette forêt.
Un reboisement globalement encourageant.Sur près de 5 000 plantules suivies issues des campagnes 2025 et 2026, le taux de survie global atteint 84,8 %. Il grimpe à 93,8 % pour les plants installés en 2025, contre 82,8 % pour la cohorte 2026, plus jeune et donc plus vulnérable. Cet écart invite à un suivi rapproché dans les prochains mois.
Iaroka, une piste prometteuse.La reconnaissance express menée sur ce site voisin, à travers douze hameaux, a permis d'identifier 27 taxons d'oiseaux et de lémuriens en seulement trois jours et de mettre hors d'état un piège à lémuriens. De quoi envisager, à terme, une extension du programme de conservation d'Impact Madagascar à cette nouvelle zone.
Une mission qui laisse des traces et des données utilesMalgré une fin de séjour éprouvante, Enzo rentre en France avec un rapport complet transmis à Impact Madagascar, incluant des recommandations concrètes : suivi post-cyclonique de la végétation, vigilance renforcée sur certaines essences reboisées, patrouilles accrues dans les zones les plus exposées au braconnage, et exploration approfondie du site d'Iaroka.Une mission qui aura confronté Enzo aux réalités du terrain, jusque dans ses moments les plus difficiles, mais qui contribue très concrètement à la connaissance et à la protection des lémuriens de Madagascar.
Merci encore à MPA pour son soutien à cette mission de volontariat, et bon rétablissement à Enzo !
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